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#NouvelleSuisse

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Chaque Etat-nation se fonde sur des mythes, un constat qui vaut aussi pour la Suisse. Ceci n’est ni bon ni mauvais, mais une observation historiquement vérifiable. Le mythe fondateur du nationalisme moderne s’établit sur l’idée que le peuple, l’Etat et le territoire forment une sainte unité vers laquelle tout processus historique devrait déboucher. Or, les nouvelles recherches démontrent l’inverse : les Etats-nations ne sont pas des consécrations de la volonté divine, mais les produits d’intérêts divergents, de conflits, d’événements majeurs et de hasards. Les nations se construisent. Dans le processus de construction nationale moderne, des idées, des images, des symboles et des narrations ont été mobilisées pour activement créer de nouvelles identités nationales. La représentation de ce qui constitue une nation se répercute au quotidien sur les esprits et les actions des gens, dans les institutions étatiques et les lois et vice versa. La représentation nationale détermine donc également l’accès du peuple à la participation politique, sociale et culturelle, par exemple lors de votations, dans les procédures de naturalisation, les systèmes sociaux, les écoles, la littérature, les musées nationaux.

Les Etats-nations démocratiques reposent sur le principe que tout-e-s les citoyen-ne-s doivent détenir des droits égaux. La question se pose alors de qui est reconnu-e comme citoyen-ne à part entière et qui ne l’est pas. Quels groupes au sein de la population appartiennent au « peuple » et lesquels n’en font pas partie ? L’histoire montre non seulement que les nations ont monté des frontières les unes contre les autres pour former leur propre identité, mais qu’elles se sont aussi formées au détriment de groupes internes à leur population. Le nationalisme moderne a, selon les contextes historiques, développé des dynamiques à la fois émancipatrices et restrictives, voire même violentes, ceci aussi en Suisse. Dans ce pays, le processus menant vers l’Etat-nation s’est accompagné de l’inclusion de différentes confessions, cultures et langues, mais aussi d’exclusions. Les pauvres, les Gens du Voyage, les femmes, les Juives et les Juifs, les enfants placés, les Roms et les Sintis sont, en tout cas depuis 1848, pas reconnu-e-s comme des citoyen-ne-s à part entière et subissent des discriminations. L’histoire de la Suisse montre néanmoins que la représentation de qui aurait le droit à la participation et ce que la participation signifie concrètement peuvent changer à travers des conflits sociaux et des négociations. Les mouvements sociaux, les organisations politiques, les expert-e-s scientifiques, les productrices et producteurs culturel-le-s, les initiatives ecclésiastiques et syndicales pourraient également fortement contribuer à la continuelle démocratisation de la démocratie en Suisse, en plus de la pression internationale. A l’heure actuelle, le constat est qu’il y a un déficit démocratique frappant. En outre, depuis la Deuxième Guerre mondiale, la population suisse s’est fortement transformée et diversifiée à travers la migration et la globalisation, sans que les institutions de ce pays se soient ouvertes à ce changement. Environ un quart de la population résidente ne sont pas considérés comme des citoyens du pays. Même les personnes détenant un passeport rouge font l’objet de discrimination de la part de concitoyen-ne-s en raison de leur origine, de leur apparence, de leur nom, de leur langue et de leur religion. Entre la représentation de qui appartiendrait à la Suisse et la véritable population du pays se dresse un grand et douloureux fossé. A partir de quel pourcentage de la population sans droits civiques est-ce qu’une démocratie cesse d’être une démocratie ? Il est nécessaire de réfléchir à la façon dont les représentations et les institutions suisses doivent être modifiées de manière à correspondre à la réalité plurielle.

En Suisse, deux récits nationaux sont en conflit depuis quelques années, un récit conservateur qui considère 1291 comme date de naissance et un récit libéral qui a fixé 1848 comme année fondatrice. La première provient d’une population dont le coeur de la culture ne s’est pas transformé à travers le temps. Elle se veut disciplinée, neutre, brave, loyale, blanche, chrétienne et très masculine. Le deuxième courant se voit comme libéral et humanitaire, inscrit dans les réseaux internationaux, mobile et favorable aux droits humains. 1291 et 1848 se présentent comme diamétralement opposées dans un conflit culturel helvétique. Pourtant, les deux récits constituent au final les revers de la même médaille. Ils ont en commun d’ignorer un point : l’histoire migratoire et coloniale de la Suisse. Il est pourtant essentiel de débattre du rôle de la Suisse dans ses relations globales, de manière à comprendre la réalité sociétale qui en résulte et de s’organiser démocratiquement.

Même si cela n’est pas reconnu au sein de la conscience collective, les acteurs et actrices suisses étaient fortement impliqué-e-s dans le colonialisme européen, même sans avoir de colonies. Ils se sont impliqué-e-s en tant qu’investisseurs en capital, marchands, missionnaires, scientifiques, colons et soldats. Des villes comme Berne et Neuchâtel étaient impliquées au 18e siècle dans la traite transatlantique des Noir-e-s. L’industrie textile locale des 19e et 20e siècle – ainsi que le secteur des machines et de l’industrie chimique – étaient fortement imbriqués dans le commerce global du coton qui s’est reposé sur l’extraction de ressources premières et sur le travail forcé de personnes réduites en esclavage dans les colonies. Les historien-ne-s ont depuis peu établi que la fortune d’Alfred Escher, le héro libéral de l’industrie moderne suisse, s’est aussi constituée à partir du travail de personnes réduites en esclavage. Les enchevêtrements économiques mondiaux de la Suisse à cette époque se sont étendus également après la Deuxième Guerre mondiale, dans le commerce de ressources premières, mais aussi dans la coopération au développement. Dans le contexte de la Guerre Froide et de la décolonisation, la Suisse a pu user de son rôle de courtière pour continuer à utiliser ses réseaux économiques globaux hérités du colonialisme, notamment dans le commerce avec l’Afrique du Sud durant l’apartheid. Durant la même période, la complicité coloniale suisse a été neutralisée politiquement et moralement.

C’est dans le cadre de ces imbrications dans le colonialisme dès le 19e siècle, que l’économie du pays s’est renforcée, de même que le nationalisme ethnique. Les Suisses des colonies ramenèrent en tant qu’explorateurs, chercheurs et marchands des richesses, des souvenirs, des expositions d’art, ainsi que de fortes conceptions raciales et une fierté nationale. La Suisse s’est érigée comme centre pour la recherche internationale sur la race. Des zoos humains, dans lesquels des personnes issues des colonies étaient qualifiées et exposées comme « sauvages exotiques », ont aussi eu lieu à partir du 19e siècle. Ces zoos humains rassemblaient des centaines de milliers de visiteurs qui pouvaient par ce biais s’identifier comme Blanc-he-s, civilisé-e-s et réfléchi-e-s.

Néanmoins – ou justement en raison de cet horizon global – la Suisse était jusqu’à la fin du 19e siècle relativement libérale sur la question de la migration. La migration était un facteur important du succès de la fondation de la Suisse et a influencé son modèle politique. Ensuite, en 1893, la première initiative populaire fédérale contre l’égorgement des animaux a eu lieu pour des motifs clairement antisémites dirigés contre les réfugié-e-s juives et juifs d’Europe de l’Est. En 1900, le discours de l’« Überfremdung » a émergé, une invention suisse. Ceci a abouti non pas à des expulsions, mais à l’idée des naturalisations forcées. Diamétralement opposée à la conception actuelle, l’idée à cette époque était que la naturalisation devait précéder l’assimilation en sens culturelle. Mais, la peur de perdre un « sprit Suisse» et de ne pas assurer la succession du peuple suisse s’est répandue. Pareillement que dans les autres pays européens de l’époque, les Suisses et Suissesses se sont défini-e-s a contrario des « autres ». En 1911, le département fédéral de justice et police a mis en place un bureau d’enregistrement des « Tsiganes », des données qui ont finalement servies dans le génocide au temps du nazisme. En 1917, la police des étrangers a été mise en place et a surveillé des personnes jusque durant la Deuxième Guerre mondiale. En 1933, la disposition restrictive ANAG a été approuvée et a, jusqu’au tournant du siècle, restreint le séjour et l’établissement des étrangères et étrangers en Suisse à des conditions ethniques et économiques. Concomitamment à cette politique d’exclusion des étrangères et étrangers, ladite « défense spirituelle » a émergé dans un contexte de trêve entre forces libérales, conservatrices et socio-démocrates, établissant la Suisse comme un mélange de romantisme alpin, de développement industriel et de bien-être social.

Après la Deuxième Guerre mondiale, durant la période desdits « travailleurs saisonniers », la résistance contre les étrangères et étrangers a continué. La Suisse a fait venir des centaines de milliers de travailleurs étrangers dans les usines, les commerces, les hôtels, les restaurants, sur les chantiers et dans les champs de manière à alimenter le boom économique. Le système de rotation a alors impliqué que les « travailleurs étrangers » quittent le pays une fois leur travail accompli. En 1970, au moment où l’initiative Schwarzenbach – qui avait pour but d’expulser des centaines de milliers de travailleurs saisonniers et leurs enfants – a été rejetée à quelques voix près, la politique assimilationniste du Conseil national devait s’assurer que le besoin en main d’oeuvre étrangère soit assuré. En même temps, la peur d’une surpopulation étrangère était si grande que les critères pour l’assimilation et la nationalisation ont été renforcés.

Les personnes arrivant comme réfugié-e-s n’ont pas non plus toujours été accueilli-e-s les bras ouverts dans la Suisse humanitaire. Les réfugié-e-s juives et juifs durant la Deuxième Guerre mondiale ont été bloqué-e-s aux frontières avec les slogans « le bateau est plein ». Durant la Guerre Froide, seul-e-s les réfugié-e-s des pays communistes, d’Hongrie, de Tchécoslovaquie et du Tibet correspondaient à la représentation de soi que se faisait la Suisse libérale. Les réfugié-e-s chilien-ne-s n’étaient officiellement pas souhaité-e-s suite au coup d’Etat de Pinochet. Pour tou-te-s les étrangères et étrangers, le mot d’ordre était : celles et ceux qui veulent rester doivent s’assimiler. Ce qui veut surtout dire que ces personnes devaient se plier et se rendre invisibles. A ce niveau, la résistance raciste contre la migration et le patriarcat allaient de pair : les Suissesses qui jusqu’en 1971 n’étaient pas reconnues comme des citoyennes à part entière, étaient jusque dans les années 1950 dénaturalisées lorsqu’elles épousaient un étranger. Le travail saisonnier a aussi mené à une modification des conditions structurelles, dans la mesure où il a encouragé les travailleuses suisses à passer aux fourneaux pour correspondre à l’idéal de la famille mononucléaire. En bref, le système du travail saisonnier a permis à la Suisse de se repenser durant la Guerre Froide comme une société de classe moyenne, consommatrice, patriarcale et ethniquement homogène.

Les derniers siècles ont démontré que l’Etat-nation ne disparaît pas de la scène internationale en dépit de la migration et de la globalisation, mais qu’il se transforme. Il instaure un cadre de références politiques et culturelles donnant accès à des droits et à la participation. Mais l’aboutissement est encore loin d’être déterminé. Un Etat-nation n’est pas automatiquement synonyme d’Etat de droit ou de démocratie. La démocratie doit être continuellement conquise et défendue, un fait dont les Suissesses et les personnes migrantes sont conscientes : à partir des années 1970, des mouvements sociaux et des initiatives issues de la société civile – au sein desquels des personnes migrantes et non-migrantes ont collaboré – sont parvenus, au nom de l’intégration, à des avancées au niveau des municipalités et des villes en matière d’inclusion des réalités migratoires. Au quotidien, la diversité vécue de la #NouvelleSuisse est depuis longtemps présente dans les salons, les classes d’école, les commerces, les rues, les clubs, les centres communautaires et les associations. Dans ce contexte, la distinction Suisses/Etrangers ne fait plus aucun sens. En même temps, la perte d’espaces de libertés et de droits peut devenir une réalité. Les votations populaires de ces dernières années, la logique restrictive des politiques d’intégration, de même que l’opportunité manquée d’une révision du droit civique, démontrent que l’époque des faiseurs de Suisse-sse-s n’est pas encore passée.

Aussi bien la représentation de soi de 1291, que celle de 1848, continuent de se développer en occultant l’histoire migratoire et l’héritage colonial du pays. Ainsi, le racisme et les relations économiques globales problématiques perdurent jusqu’à présent. Cette cécité, dominant l’espace public politique et médiatique et occultant les revers du modèle à succès de la Suisse, a son prix. Beaucoup de concitoyen-ne-s en Suisse sont, au mieux, considéré-e-s comme des figurant-e-s, à l’exemple des dernières votations sur les minarets, sur l’immigration de masse et l’expulsion. Dans les narrations ayant trait à 1291 et 1848, beaucoup d’habitant-e-s de Suisse demeurent étrangères et étrangers, ainsi que sans voix. Ces personnes sont ou considérées comme des menaces, ou elles doivent enrichir la Suisse. Les histoires alternatives sur la Suisse sont soit inexistantes ou alors relativement insignifiantes. Le racisme structurel peut à peine être objectivement thématisé dans l’espace public. Il est donc nécessaire de se mettre à jour avec cette réalité politique, culturelle et économique en Suisse, de manière à permettre un nouveau départ.

Depuis ces dernières années, de nombreuses nouvelles voix (post)migrantes, postcoloniales et politiquement orientées sur les questions de la migration et de l’asile sont devenues de plus en plus audibles. Des projets ont émergé de la société civile, donnent du courage et démontrent que les tendances du temps ne peuvent pas facilement être inversées. Nous avons toutes et tous la responsabilité de la direction que tout cela doit prendre. Par le biais d’une invitation au dialogue #NouvelleSuisse, INES s’implique dans un projet de société civile suisse.

Il paraît que la Suisse est un pays fondé à partir d’une volonté politique. Nous prenons ce mythe national au premier degré et souhaitons un nouveau départ commun. Qui est partant-e ?

 

 

 

Littérature

 

Benedict R. AndersonImagined Communities. Reflections on the Origin and Spread of Nationalism(London: Verso1991).

Regula ArgastStaatsbürgerschaft und Nation. Ausschliessung und Integration in der Schweiz, 1848-1933(Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht2007).

Jutta AumüllerAssimilation. Kontroversen um ein migrationspolitisches Konzept(Bielefeld: transcript2009).

Kijan Espahangizi und Halua Pinto de Magalhaes'Vergesst 1291 und 1848!', (Die ZEIT Schweiz1. Oktober 2014).

Rohit Jain und Shalini Randeria''Wider den Migrationskomplex – Perspektiven auf eine andere Schweiz'', in: Sozialalmanach 2015. Das Caritas-Jahrbuch zur sozialen Lage der Schweiz (Luzern: Caritas-Verlag2015), 199-210.

Patrick KuryÜber Fremde reden. Überfremdungsdiskurs und Ausgrenzung in der Schweiz 1900-1945(Zürich: Chronos2003).

Patricia Purtschert und Harald Fischer-Tiné (Hg.)Colonial Switzerland. Rethinking Colonialism from the Margins(Basingstoke: Palgrave Macmillan2015).

Jakob TannerGeschichte der Schweiz im 20. Jahrhundert(München: Beck2015).

Andreas ZanggerKoloniale Schweiz. Ein Stück Globalgeschichte zwischen Europa und Südostasien, 1860–1930(Bielefeld: Transcript Verlag2011).

Grenzerfahrungen – Ein Bericht einer postmigrantischen Schweizerin

mercredi, 1. juillet 2020

De Lucia Aguilar, Mitglied INES Institutsleitung, redigiert von Christoph Damke, Maria-Cecilia Quadri und Tarek Naguib.

 

Seit dem 15. Juni sind die Grenzen in Europa wieder geöffnet. Ein Rückblick einer postmigrantischen Schweizerin, die während Corona von Costa Rica über die Schweiz bis nach Hamburg gelangt ist.

#NouvelleSuisse

Entre l'exotisme et la critique? La passé et l'avenir postcoloniale du spectacle du theâtre de Zürich
30.août 2018 21:00 – 22:00

 

Le spectacle de théâtre de Zurich a été une plate-forme pour le théâtre et l’art non-européens depuis le début des années 1980. Mais est-il qu’un simple spectacle superficiel en matière multiculturelle ou une consolation humanitaire aujourd'hui ? Quel est le potentiel et la responsabilité des échanges culturels mondiaux pour une décolonisation de la Suisse ? Pour répondre à ces questions un anthropologue social Rohit Jain s'entretiendra avec le directeur artistique du spectacle théâtral Matthias von Hartz - et tous-tes ceux-celles qui seront présents-tes. Entrée gratuite.

Glossaire
Glossaire #NouvelleSuisse

 

Le Glossaire #NouvelleSuisse présentera prochainement les termes pertinents pour mieux comprendre les thématiques suivantes: la migration, la diversité et le racisme en Suisse – avec des arguments fondés et critiques. Les points de départ sont les deux termes #NouvelleSuisse et #DeepDiversity.

Die höchste Luzernerin hat Migrationsbiographie!

mardi, 30. juin 2020

De Stimmen der Neuen Schweiz

 

Ylfete Fanaj

Am 23. Juni wurde Ylfete Fanaj zur höchsten Luzernerin gewählt, sie ist neu Präsidentin des Kantonsrats. Wir gratulieren Ylfete Fanaj zu ihrem Erfolg und drucken hier mit ihrer Erlaubnis ihre starke und wichtige Rede zur Wahlannahme ab.

Forum & Late Night Show #NOUVELLESUISSE
22.septembre 2018 10:00 – 23.septembre 03:30

 

Elle est là depuis longtemps...Une #NOUVELLESUISSE. Depuis plus d'un an, INES réunit une collection de voix, de visages, d'histoires, d'images et de réalités issues de l'immigration. Le 22 septembre 2018, INES vous invite à des interventions de politique culturelle, des conférences, des débats politiques, des spectacles, à un Late Night-show et à une fête…

Schwarzenbach geht uns alle an! Gedanken zu einer vielstimmigen, antirassistischen Erinnerungspolitik

vendredi, 26. juin 2020

De Rohit Jain

 

Die Schweiz hat sich von der Black Lives Matter-Bewegung und der davon ausgelösten Rassismus-Debatte überraschen lassen. Dass die Black Lives Matter-Bewegung mit dem Gedenktag an die Ablehnung der Schwarzenbach-Initiative vor 50 Jahren zusammenfällt, ist Zufall und Glücksfall zugleich: Das erste Mal seit den Protesten gegen das Gastarbeiterregime zwischen den späten 1960er und frühen 1980er Jahren finden wieder Massenproteste gegen Rassismus statt, die die Gesellschaft durchschütteln. Wie lässt sich eine kritische Erinnerung an das Gastarbeiterregime als Ausgangspunkt nehmen, um historische Schuld verantwortungsvoll und nachhaltig aufzuarbeiten und eine vielstimmige, antirassistische Demokratisierung zu stärken?

Pour toutes les personnes qui vivent ici et qui viendront

mardi, 23. juin 2020

De Institute Nouvelle Suisse

 

Depuis que George Floyd a perdu la vie à cause des violences policières racistes aux États-Unis, la solidarité autour du mouvement « Black Lives Matter » s'est aussi clairement manifestée en Suisse, dans les débats publics, dans la rue et dans les discussions personnelles. L'Institut Neue Schweiz (INES) se montre solidaire à ces manifestations et à la lutte contre le racisme anti-Noir.

memleket - stimmen der neuen schweiz: Mardoché Kabengele

vendredi, 19. juin 2020

De Stimmen der Neuen Schweiz

 

memleket - stimmen der neuen schweiz

Mardoché Kabengele: Folge 6 unseres Podcasts "memleket" ist online!

Für alle Menschen, die hier leben und die noch kommen werden

lundi, 15. juin 2020

De INES Institut Neue Schweiz

 

Seit George Floyd durch rassistische Polizeigewalt in den USA ums Leben gebracht wurde, ist die Solidarität mit der Black Lives Matter-Bewegung auch in der Schweiz deutlich spürbar, in öffentlichen Debatten, auf der Strasse und persönlichen Gesprächen. Das Institut Neue Schweiz (INES) solidarisiert sich mit diesen Protesten und dem Kampf gegen einen spezifischen anti-Schwarzen Rassismus.

#DeepDiversity

LETTRE OUVERTE AU CONSÉIL FÉDÉRALE: LES DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES EN PÉRIODE DE CRISE SANITAIRE NE SAURAIENT METTRE EN DANGER NI LE STATUT DE RÉSIDENT NI LES NATURALISATIONS - SOYONS SOLIDAIRES!

vendredi, 1. mai 2020

De INES Institut Nouvelle Suisse

 

La pandémie due au coronavirus n'est pas seulement une crise sanitaire, mais aussi une crise sociale et économique. De nombreuses personnes sont menacées par le chômage, dépendront de l'aide sociale et devront s'endetter, y compris en Suisse. Cela aura des conséquences financières et sociales massives, mais aussi – ce que beaucoup ne savent pas – des conséquences juridiques. Le critère d'intégration économique joue un rôle décisif dans les décisions relatives au statut de résident et à la naturalisation. La pandémie actuelle est donc une menace existentielle pour de nombreuses personnes. Cela concerne potentiellement un quart de la population résidente qui n'a pas la nationalité suisse, mais qui paie ses impôts et contribue à façonner le pays au quotidien.

memleket Folge 4: Carlos Ortega

vendredi, 13. mars 2020

De Christoph Keller & Ugur Gültekin

 

Caption

Unser Blog "Stimmen der neuen Schweiz" hat seit Februar 2020 auch ein Podcast-Format. memleket. Folge 4 ist jetzt online !

Tradition und Identität im Kontext postkolonialer Verstrickungen

vendredi, 6. mars 2020

De Halua Pinto de Magalhães

 

"Protestdemo" von FasnächtlerInnen - August 2018 (Quelle: Tageswoche, Hans-Jörg Walter)

Aufgrund des Corona-Virus wurde dieses Jahr unter anderem die Basler Fasnacht abgesagt. Die Kritik der antirassistischen Bewegung an der Fasnacht bleibt. Es stellt sich insbesondere immer noch die Frage, weshalb diese sogenannten Traditionen sowohl bei ihren Kritikern, als auch bei eingeschworenen FasnächtlerInnen so viele Emotionen auslösen. Halua Pinto de Magalhães sucht auf dem INES Blog „Stimmen der Neuen Schweiz“ nach antworten.

memleket - stimmen der neuen schweiz

vendredi, 21. février 2020

De Christoph Keller & Ugur Gültekin

 

Unser Blog "Stimmen der neuen Schweiz" hat jetzt auch ein Podcast-Format: memleket. Die ersten drei Folgen sind online verfügbar!

"Ich bin Secondo, also bin ich."

mardi, 21. janvier 2020

De Uğur Gültekin

 

Samir und Ugur Gültekin.

Der Filmemacher Samir und Uğur Gültekin (INES-Institutsleitung und Journalist) tauschen sich in diesem postmigrantischen Generationengespräch über das Erwachsenwerden in unterschiedlichen Jahrzehnten aus. Dabei entdecken sie Gemeinsamkeiten, blicken auf hoffnungsspendende Momente zurück und werden über den Fakt überrascht, dass sie ohne sich zu kennen, durch die Arbeit des anderen empowert wurden.

«Stadt-für-alle»-Aktion vor der Fachhochschule St. Gallen

lundi, 11. novembre 2019

De Mardoché Kabengele

 

Copyright: Dani Fels

Eine Ostwind-Initiative in Anlehnung an die Urban Citizenship-Debatte in anderen Städten der Schweiz.

«Für Hunde und Italiener verboten» - Ein Gespräch mit Angelo Maiolino

lundi, 15. juillet 2019

De Tarek Naguib

 

Angelo Maiolino war Dozent und wissenschaftlicher Assistent am Lehrstuhl für politische Philosophie der Universität Zürich. Gegenwärtig arbeitet der Familienvater als Gymnasiallehrer an einer Zürcher Kantonsschule. Im Jahr 2011 hat er das Buch „Als die Italiener noch Tschinggen waren“ im Rotpunktverlag publiziert. Drei Jahre später erschien seine Doktorarbeit mit dem Titel „Politische Kultur in Zeiten des Neoliberalismus“ im Transcript Verlag. Tarek Naguib hat Angelo Maiolino getroffen und mit ihm zurückgeschaut auf die Schwarzenbach-Initiative und die Lebensrealitäten von italienischen Gastarbeitern in der Schweiz und gefragt was diese Erfahrungen für die Gegenwart und die Zukunft der Migrationsgesellschaft Schweiz bedeuten.

Hautverdächtig – Rassistische Polizeikontrollen auf der Anklagebank

jeudi, 16. mai 2019

De Mohamed Wa Baile und Ellen Höhne

 

»Hautverdächtig« ist die theatralische Dokumentation und Reinszenierung eines Schweizer Gerichtsfalls zu Racial Profiling, der im Jahr 2015 begann und mittlerweile vor dem Europäischen Gerichtshof für Menschenrechte anhängig ist. Dieser experimentelle Text bringt die institutionalisierte Diskriminierungspraxis der Polizei ans Licht, in der täglich Menschen verdächtigt, willkürlich aufgehalten und als Rassisierte ausgeschlossen werden.

Grenzerfahrungen – Ein Bericht einer postmigrantischen Schweizerin

mercredi, 1. juillet 2020

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22.septembre 2018 10:00 – 23.septembre 03:30

 

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#DeepDiversity

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vendredi, 13. mars 2020

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vendredi, 21. février 2020

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De Mardoché Kabengele

 

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30.août 2018 21:00 – 22:00

 

Le spectacle de théâtre de Zurich a été une plate-forme pour le théâtre et l’art non-européens depuis le début des années 1980. Mais est-il qu’un simple spectacle superficiel en matière multiculturelle ou une consolation humanitaire aujourd'hui ? Quel est le potentiel et la responsabilité des échanges culturels mondiaux pour une décolonisation de la Suisse ? Pour répondre à ces questions un anthropologue social Rohit Jain s'entretiendra avec le directeur artistique du spectacle théâtral Matthias von Hartz - et tous-tes ceux-celles qui seront présents-tes. Entrée gratuite.

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LETTRE OUVERTE AU CONSÉIL FÉDÉRALE: LES DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES EN PÉRIODE DE CRISE SANITAIRE NE SAURAIENT METTRE EN DANGER NI LE STATUT DE RÉSIDENT NI LES NATURALISATIONS - SOYONS SOLIDAIRES!

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Tradition und Identität im Kontext postkolonialer Verstrickungen

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De Halua Pinto de Magalhães

 

"Protestdemo" von FasnächtlerInnen - August 2018 (Quelle: Tageswoche, Hans-Jörg Walter)

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De Uğur Gültekin

 

Samir und Ugur Gültekin.

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«Für Hunde und Italiener verboten» - Ein Gespräch mit Angelo Maiolino

lundi, 15. juillet 2019

De Tarek Naguib

 

Angelo Maiolino war Dozent und wissenschaftlicher Assistent am Lehrstuhl für politische Philosophie der Universität Zürich. Gegenwärtig arbeitet der Familienvater als Gymnasiallehrer an einer Zürcher Kantonsschule. Im Jahr 2011 hat er das Buch „Als die Italiener noch Tschinggen waren“ im Rotpunktverlag publiziert. Drei Jahre später erschien seine Doktorarbeit mit dem Titel „Politische Kultur in Zeiten des Neoliberalismus“ im Transcript Verlag. Tarek Naguib hat Angelo Maiolino getroffen und mit ihm zurückgeschaut auf die Schwarzenbach-Initiative und die Lebensrealitäten von italienischen Gastarbeitern in der Schweiz und gefragt was diese Erfahrungen für die Gegenwart und die Zukunft der Migrationsgesellschaft Schweiz bedeuten.

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